Ma vie de supporter

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Il y a maintenant une semaine, j’étais à Zurich pour accompagner mon chéri qui participait à son 3èmeIronman (après Nice en 2013 et Barcelone en 2014).

Pour une fois, je vais vous raconter ma vie de « supporter ».

Si c’est un stress pour les participants, c’est une fête pour moi … l’occasion de partir en week end et de découvrir une ville.

Les départs d’Ironman sont toujours « compliqués », comme ils partent tôt (6h45 pour les premiers), il faut se lever très très tôt … dimanche ce fut à 4h du matin afin de déjeuner car il n’est surtout pas question de louper ce repas, l’alimentation étant essentielle sur ce genre d’épreuve.

Une fois le déjeuner pris, il faut se rendre sur le lieu de l’épreuve avec ses affaires et ses ravitaillements pour la partie vélo. Nous y allons à pieds et croisons des fêtards qui rentrent se coucher.

En tant que supporter, je me sens toujours un peu frustrée de ne pas pouvoir rentrer dans le parc à vélo, tout le monde attend devant les grilles que le concurrent ressorte une fois toutes les affaires mises en place. Tout est calme, les accompagnateurs sont eux aussi fatigués, il fait encore un peu nuit et le soleil se lève à peine …

Le Lac encore calme

Le Lac encore calme

Vu les conditions météorologiques, (eau supérieure à 24,5°C), l’épreuve de natation se déroule sans combinaison, il est bien connu que les triathlètes « rechignent » à nager sans … moins de flottaison, donc plus de battements de jambes pour avancer … j’essaie de rassurer Martin comme je peux car j’ai eu la « chance » de vivre cette expérience qui s’est finalement mieux passée que si j’avais porté la combi (certes, ce n’était que 1,5km et pas 3,8 …)

Martin est stressé, plus que d’habitude … du coup je stresse aussi, il me fait peur avec des « idées morbides » … du style « si je ne reviens pas, … »

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Le soleil se lève gentiment sur le lac de Zurich, et malgré les 2 070 concurrents, le lieu est calme. Certains sont concentrés, certains rigolent, d’autres vont nager, chacun sa technique de concentration.

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15mn avant le départ, Martin va gouter l’eau, je l’enduis de crème solaire et un bisou plus tard, il se rend dans le sas de départ.

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Le départ est donné toutes les 10 secondes par vague de 8 personnes. Tous ont le même bonnet, je ne sais pas ou il est placé dans le sas. Après avoir regardé les premières vagues partir, je me dirige à l’endroit où il sortira de l’eau (sortie à l’australienne).

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C’est toujours compliqué de retrouver la personne attendue (moins cette fois-ci car ils n’étaient pas en combi), mais avec le même bonnet … tu regardes tout le monde passer en espérant que le prochain sera le bon et parfois tu en as le tournis …

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Je le vois, je l’appelle l’encourage, il me cherche du regard, un sourire, il a l’air bien ! son chrono est bon, je suis rassurée sur la suite.

Je n’arriverai pas à le voir à la sortie de la natation (trop de monde), je cours donc à la sortie du parc à vélo où je pourrai le voir prendre le départ de la 2è épreuve.

Après 1h18 au total (un peu plus que d’habitude car il nage moins vite sans combi), je le vois sortir vélo à la main, toujours tout sourire ! c’est bon signe !

Maintenant, j’ai au moins 1h30 devant moi car il est parti pour « quelques km » à vélo … il fait beau et bon, et je m’installe avec mon bouquin sur un banc (ah oui j’ai oublié de vous dire qu’un supporter est bien chargé … il porte toute la longue journée le sac à dos avec les affaires du participant et la pompe à vélo)

Bien allongée sur mon banc à l’écart de la foule, je sens le sommeil arriver (et oui la nuit fut courte), après avoir mis le réveil à 9h30 pour être sûre de ne pas louper le passage de mon cher et tendre, je m’endors paisiblement tout en entendant au loin la voix du speaker encourager les concurrents sortants de l’eau.

Quand je me réveille, tous ne sont pas sortis de l’eau … ça doit être long pour les derniers …

Je me rend sur le parcours vélo, en choisissant une place « stratégique » pour avoir une bonne visibilité sur les arrivées, et adossée à un arbre pour pouvoir me reposer (et oui, il faut s’économiser, la journée est longue). Je vois les premiers passer à une allure folle, puis les premières féminines … pfeuuu ça va vite … même avec un entrainement acharné, je ne pourrai jamais rouler aussi vite 😉

Je consulte à maintes reprises le tracker sur mon téléphone pour vérifier qu’il avance bien … je vois les moyennes à 34km/h, je compare même par rapport aux athlètes qui sont déjà passés pour voir s’il est dans le même tempo, et essayer de prédire son passage …

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Enfin je le vois, je l’encourage, je crie de toutes mes forces, ouf, il va bien et j’attends son passage après la petite boucle … logiquement il doit arriver 20mn plus tard (d’après mes calculs sur d’autres triathlètes). A 11h, il repasse devant moi, mes prédictions étaient bonnes 😉 il est heureux, il me tape même dans la main, avant de repartir pour le même parcours une seconde fois …

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J’avoue que je suis un peu perdue dans mes calculs de temps de passage et ne sais plus dans combien de temps je dois revenir sur le parcours pour l’encourager … j’erre dans le village expo (que je connais par cœur maintenant … j’essaierai bien un nouveau maillot de bain mais j’ai la flemme), mon banc est libre alors j’y retourne … quelques chapitres plus tard, je pars acheter mon repas (composé de la saucisse blanche, spécialité locale et d’une salade) que je vais consommer sous mon arbre, dès fois que mon cher et tendre passe plus tôt que prévu 😉

Comme je suis perdue dans mes calculs, je suis sur le qui-vive à toutes les arrivées, en essayant de me remémorer quel numéro est passé devant lui sur le premier tour … je trouve le temps vraiment très long, et commence à m’inquiéter. Comme j’assure le live sur FB pour les copains, j’ai également des retours de certains qui disent que c’ est bizarre qu’il ne soit pas repassé … je check le suivi live, mais pas de nouvelles … je vois des ambulances passer, j’espère qu’il n’est pas dedans (surtout après ses paroles au départ, mine de rien, ça travaille). Puis le live m’informe qu’il est passé au km 152 avec une moyenne à 7 ,28km/h … et là, c’est sûr il a eu un problème : j’espère qu’il s’agit d’un souci mécanique, pneu crevé ? mais un pressentiment me dit autre chose …

Quand je le vois enfin arriver, il s’arrête à ma hauteur et me raconte son coup de moins bien, sa sieste (j’hallucine, il a fait une sieste), bref, maintenant il va mieux et repars … il a presque terminé le vélo et je vois que sa moyenne remonte sur la fin.

Une petite glace à l’italienne plus tard (il faut bien se donner du courage), je pars pour l’encourager sur la CAP, je ne trouve pas la sortie du parc à vélo tellement il y a de monde, je vais donc à l’entrée du parc à vélo pour le voir rentrer, je ne le vois pas arriver, mais je le vois courir de l’autre côté de la route (finalement il est bien arrivé), je l’interpelle pour l’encourager, et quand il me voit il me dit qu’il arrête … Non, il ne peut pas arrêter ? On arrête pas une course quand les 2/3 sont faits … (enfin il reste quand même un marathon) … je trouve ça tellement dommage … je lui crie dessus « NON tu ne t’arrêtes pas, CONTINUE !!! CONTINUE !!! » il ne veut rien entendre et traverse la rue pour me rejoindre …

Là je sais que c’est terminé, qu’il ne sera pas un « Ironman » à Zurich … et j’en pleure, presque comme si c’est moi qui avait abandonné … j’aurai pu prendre sa place, je l’aurai fait !!

Je suis tellement déçue pour lui, tous ces entrainements suivis à la lettre, et ne pas être récompensé … c’est tellement injuste …

Certains m’ont dit qu’il n’aurait pas fallu que j’insiste sur le fait qu’il continue à courir … j’ai sans doute été dure avec lui, mais je savais qu’il serait déçu par la suite s’il n’arrivait pas au bout … si ne n’avais pas insisté je m’en serai voulue de ne pas l’avoir assez poussé … la question est de savoir jusqu’où pousser une personne ?

Et si je ne l’avais pas vu au km 2.5, jusqu’où aurait-il continué ? … si je ne l’avais vu qu’au 10è, peut-être se serait-il dit qu’il « n’en restait que » 30 et qu’il pouvait gérer ? On ne le saura jamais … sans me voir il serait peut être allé au bout ?

Pour résumer, ma journée de supporter a été riche en émotions …

Et vous, comment vivez-vous ces journées ?

1 thought on “Ma vie de supporter

  1. Triathlounette

    encore une belle aventure que tu nous a raconté ! j’en ai eu des frissons ! Merci . bon courage à ton amoureux pour la récup !!!
    il ne faut pas s’en faire ! des fois ça ne passe pas , c’est tout ! on n’est pas des machines !!!
    à toi bientot pour ton 70.3 !!! bon courage pour ta prépa ! je penses à toi 🙂

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