You are an IRON(WO)MAN !!

Après l’échec de l’an dernier sur l’ironman de Vichy, je m’étais promis de retenter. Feu Vichy, j’ai eu envie de tester un autre parcours, plat également, et avant les vacances histoire de ne pas être obligée de trimballer le vélo.

C’est donc sur le tout nouvel Ironman de Vitoria Gasteiz au Pays Basque espagnol que j’ai cliqué .

 

La veille :

Partis à 7h de Paris le vendredi matin, nous sommes arrivés dans l’après midi à Vitoria Gasteiz. Nous en avons profité pour retiré nos dossards, notre beau sac à dos, et visiter la ville. J’ai été très raisonnable à la boutique Ironman, juste un tee shirt, peur d’en acheter trop et que ça me porte la poisse comme à Vichy. Nous en avons profité pour aller à la pasta party que je qualifierai de bof bof, mais au moins on ne se casse pas la tête, c’est rapide et à 20h30 on étaient couchés 😉 Du coup on a fait une bonne nuit de sommeil.

Une fois levés, nous sommes allés faire une reco d’une partie du parcours en voiture, moi qui voyais le parcours plat, je déchante et suis un peu stressée pour le lendemain. Pour le déjeuner on se trouve un super resto italien où je me tape une bonne plâtrée de pâtes à la truffe.

L’après midi est un peu speed, on doit aller déposer nos vélos à 15km de la ville, on décide d’y aller à vélo, mais en se paumant un petit peu on fera finalement 35km … vélo déposé, on monte dans le bus qui nous dépose à la T2 où l’on dépose nos affaires de CAP, un petit verre en terrasse, et on retourne dans notre resto italien pour diner des pâtes carbonara. Je crois que nous étions couchés à 21h … et même si la nuit fut courte car levés à 4h45, elle était réparatrice.

Dimanche 14 juillet :

Petit déjeuner à l’hôtel avec tous les triathlètes, pour moi ce sera mon gatosport que les serveurs ont bien voulu me préparer la veille … on dirait presque un gâteau d’anniversaire, ils me l’ont gentilment disposés dans un joli plat. C’est plus agréable que dans le moule à l’arrache 😉

Direction le car qui nous récupère à 5h45 pour nous emmener au parc à vélo. Ce matin, il fait frais, il y a du vent et la pluie est annoncée. Je stresse un maximum, je place mes stimium, mon compteur, Martin gonfle mes pneus et nous sommes prêts (ou presque). Nous rejoignons la tente de transition pour rester au chaud, et je mets ma combi pour avoir plus chaud. Puis je pleure … je vois tout le monde autour de moi s’afférer, discuter, mais moi je pleure comme une madeleine … peur de revivre le scénario de Vichy. Nous partons déposer nos affaires, et une fois le sac déposé, je m’aperçois que j’ai gardé aux pieds mes Havaianas quasi neuves … je repleure (tous les prétextes sont bons) … merci Martin d’être là pour me réconforter !

Direction le sas de départ, le vent s’est un peu calmé, il fait meilleur, et je pars avec Martin dans le SAS des 1h10 pour ne pas être trop à la ramasse. Les premiers partent, des femmes partie dans les SAS avant moi me serrent les mains, c’est sympa cette solidarité, je crois qu’on a tous un peu peur ou en tout cas un peu d’appréhension … on ne sais jamais ce que nous réserve une course.

3 pipis plus tard dans ma combi, c’est à nous de partir, BIIIIIIPP ! je pars bien, mais rapidement je me fais bastonner, la nat sera longue, et je me suis bien faite cogner dessus. L’aller me parait « facile » puis quand on vire pour prendre le côté du parcours, ça me parait une éternité, je pars à gauche à droite … je n’arrive pas à nager droit, BIM, je me prends un coup dans l’orteil, je jongle. Je m’arrête pour reprendre ma respiration, mais le flot de nageur est continu, finalement mieux vaut continuer à nager que de rester au milieu de tous ces fous 😉

Enfin le retour vers le bord, qui lui aussi me parait interminable, mais je sais que c’est la fin, et vois même le soleil apparaitre … ça me mets de bonne humeur pour la suite ! Je vais commencer le vélo sous le soleil … j’arrive sur l’aire de transition, je sors de l’eau et les spectateurs donnent de la voix pour nous accueillir !! Un coup d’oeil à ma montre : 1h41, ça va, je comptais 1h45.  Je cours jusqu’à la tente de transition, fais 2 fois le tour de ma rangée pour trouver mon sac puis me change. Je cours dans le petit coin réservé aux femmes pour enfiler mon cuissard (hors de question de rouler 180km avec une trifonction). J’enfile le casque, les lunettes et les chaussettes et me voilà partie pour récupérer mon vélo que je trouve facilement puisque tous les autres à côté de moi sont déjà partis.

Une fois sur mon vélo je suis bien, et il va falloir le rester ! Le parcours consiste à faire 2 boucles de 73km et une boucle de 35km. je me mets sur un petit rythme qui me permet d’être à l’aise et les premiers km défilent. Sur cette course, nous ne portons pas les dossards sur la partie vélo, c’est dommage, je ne peux pas en profiter pour regarder les prénoms et les nationalités. Le début du parcours est une succession de toboggans, certains me permettent de passer la bosse d’après et d’autres sont plus casses pattes (ce n’est pas ce que je préfère …) puis on attaque une petite route dans la campagne avec le vent dans le dos, c’est le kiffe, j’adore et me sens grisée par cette vitesse ! On arrive ensuite sur une partie très plate près d’une autoroute, les paysages ne sont pas top, mais je vois les km défiler et malgré le vent, c’est la partie que je préfère !! C’est magique, depuis le début de la course, je bois et je mange mes gommes toutes les 30mn, comme c’est agréable quand tout passe normalement ! Fin du 1er tour, on arrive dans une zone industrielle, et tous les supporters sont là, ils sont exceptionnels, ils crient d’autant plus fort lorsque c’est une « chica » qui passe !

La partie d’après je la connais pour l’avoir fait la veille … vent dans le pif, faux plat, je sais que ça va être dur d’autant que personne n’est sur le parcours. J’ai envie de faire pipi, j’hésite, faire baisser la moyenne mais être mieux ou ne pas m’arrêter … bon allez je m’arrête à la T1 où j’ai repéré des toilettes … elles sont fermées …. je remonte sur le vélo et m’arrête plus loin à l’abri des regards. Allez je repars, je connais le parcours pour avoir déjà fait la boucle, et je me prépare psychologiquement … mais globalement je vais bien, je suis heureuse d’être là.

Sur cette deuxième boucle, j’ai du spectacle avec les premiers qui finissent leur course et qui passent à fond à côté de moi 🙂 je commence à avoir mal au cul et aux cervicales, la position prolongateur me fait mal au cou à force, et parfois, j’ai même l’impression de chanceler, de ne plus être 100% lucide.  Je m’arrête pour me dégourdir la nuque est les jambes puis je repars de plus belle. Allez c’est la fin de la 2ème boucle, la 3ème ne sera qu’une formalité … et peut être plus roulante … sauf que je vois un panneau 10% !!! OMG je me réentends dire « putain !  » … mais elle est courte et ça passe ! après le parcours est de nouveau connu et comme je rentre à l’écurie il passe bien.

L’arrivée en ville est top, grosse ambiance, et grand luxe, des bénévoles sont là pour récupérer nos vélos. Je pose le pied après 6h30, l’objectif est atteint, je sais maintenant que je terminerai quoiqu’il arrive ! Je rentre dans la tente de transition, enfile mon bas de trifonction, me passe une petite lingette sur le visage pour me sentir fraiche, un petit arrêt au stand toilettes et me voilà partie sur la CAP. Curieusement, je me sens fraiche, et n’ai pas l’impression d’avoir 180km dans les jambes. Le public est nombreux, la musique est à fond, je n’ai jamais vu une telle ambiance !! les espagnols me crient « campeona » et même si je ne le suis pas, je me sens un peu campeona sur moi même 🙂

Je m’arrête sur tous les ravitos prendre de la boisson énergétique et dévaliser les oranges fraiches. Je savoure, je tape dans les mains, je réponds « gracias » aux encouragements. Je cherche Martin, parmi tous les coureurs que je croise, mais ne le vois pas et je suis un peu inquiète. Finalement c’est lui qui me voit quand je suis en train de manger un gel, suis rassurée, mais il me dit qu’il s’est arrêté et qu’il n’a pas la pêche. Un bisous plus tard et on repart chacun de son côté, je me sens bien, et je pensais que ça serait pire … je discute avec quelques concurrents français, ou des spectateurs, et le temps passe plutôt vite.

Je revois Martin un peu plus tard, et le rattrape après le semi … je décide de rester avec lui. Tant pis pour le temps, je sens qu’il a besoin de moi pour terminer alors on terminera ensemble et l’emmènerai au bout. J’avoue que le semi restant sera très long … marcher ça prend du temps, il n’est pas bien, il vomi, et l’assistance veut l’emmener mais je leur dit que non et qu’il finira. Je vois aussi les autres concurrents passer … et ça me fait un petit pincement au coeur, mais je préfère terminer avec Martin qui a été là pour moi avant la course.

Bref, je vais vous passer le reste du semi … nous recourrons en ville un peu avant la ligne d’arrivée, je le laisse passer devant moi, il est à peu près 23h quand nous arrivons, et les spectateurs mettent encore le feu, c’est génial !! il s’incline sur la ligne pour me laisser passer avant et je saute de joie à l’arrivée. Je me dirige vers le speaker et revois encore son visage me dire « YOU ARE AN IRONWOMAN » je les attendais ces mots … je les attendais depuis un an !! et c’est en Espagne qu’ils viennent à Vitoria Gasteiz un 14juillet. Comme je vous le disais, ça a une grande signification pour moi, un jour de fête nationale, et à Vitoria, en honneur à ma grand-mère Victoire !

Martin me remet ma médaille de finisher !! Je pensais pleurer de joie, d’émotion, mais rien, que de la joie, et de la faim (j’ai faim de salé depuis un moment).

Merci à mon coach Christophe ! Belle collaboration, avec de belles réussites qui m’ont emmenées jusqu’à cet Ironman !

Merci à Sandra qui m’a également longuement écoutée 🙂

Merci à mon chéri, à ma famille, aux amis et aux copains qui m’encouragez sur la course ou à distance, vos petits messages sont précieux, et merci à vous qui m’encouragez sur le blog ou les réseaux sociaux !

Anything is possible, et j’en suis la preuve !! Avec de la ténacité et de la persévérance, on peut y arriver !

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